À la une de l'Antivol

Publication de L’Antivol-papier n° 3, juillet-septembre 2021

Par la Rédaction

L’Antivol avait pris son envol…papier en janvier dernier.

Nous avons le plaisir de vous annoncer que le n°3, correspondant au troisième trimestre 2021, vient d’être imprimé et sera disponible le 1er juillet prochain. Il est toujours gratuit et contient des articles qui, nous l’espérons, vous intéresseront autant que les précédents.

Vous pouvez le trouver, à Tours :

- au bar-tabac « Le Hublot », 14 bis rue Sébastopol

- au bar « Le Serpent Volant », 54 rue du Grand Marché

- à la librairie « Le Livre », 24 place du Grand Marché

- à la librairie « Bédélire », 81 rue du Commerce

- à la librairie « Lire au Jardin », 5 rue de Constantine

Le plus simple est de le demander à l’accueil de ces établissements, aussi aimables qu’essentiels !

Par ailleurs, nous poursuivons la création de notre réseau de diffusion à vocation nationale. Certains de nos membres ou lecteurs, ailleurs qu’à Tours, ont bien voulu en recevoir – nous prenons en charge les frais postaux – et se chargent de le distribuer autour d’eux. On peut aussi le trouver à Nantes, à la librairie « Vent d’Ouest », 5 place du Bon Pasteur. Dans les Deux-Sèvres La Boisselière (79310 Vouhé), dans l’Isère L’atelier paysan (ZA des Papeteries 38140 Renage), dans le Tarn les éditions La Lenteur (Le Batz 81140 Saint-Michel-de-Vax) ont également accepté de faire partie du réseau de distribution.

Et nous sommes bien sûr preneurs d’autres bonnes volontés…

Pour nous en faire part, nous communiquer vos réactions à la lecture du journal, nous proposer, comme pour le blog, vos propres contributions, merci d’écrire à lantivol37@gmail.com

À bientôt donc et que vive la presse écrite, réellement libre et radicale…

La Rédaction

Pour télécharger les précédents numéros : n° 1 - n° 2

La belle et saine colère de Bernard Friot

Par La Rédaction

La scène se déroule le 28 juin 2016, au Lieu-Dit, à Paris. Ce jour-là, la revue Ballast organise un débat, intitulé « Salaire à vie et revenu de base : quelles différences, quelles convergences ? ». Derrière une table, sont assis Baptiste Mylondo, pour le revenu de base, et Bernard Friot, pour le salaire à vie. La salle est comble et la rencontre, interventions des invités et échanges avec l’auditoire, durera plus de deux heures.

Peu avant la fin, à la suite d’une question venue de la salle, Bernard Friot reprend le micro et va en 3 minutes 30 mettre, comme l’on dit, les points sur les i. Sur les mots d’abord, et ce qu’ils charrient de violences, de tromperies, de leurres par lesquels beaucoup se laissent gouverner. Sur l’histoire, ensuite, de la pensée et de l’action révolutionnaire et la façon de concevoir leur avenir. La prise de parole, jaillissante, nerveuse, lucide, fait partie de ces moments d’exception où, en quelques fulgurances, le vocabulaire des idées toutes faites se trouve mis cul par-dessus tête et où s’énonce, en mots simples, directs, un renversement radical de perspectives.

À L’Antivol, nous nous sommes donc dit qu’il fallait rendre hommage à ce moment et à son auteur. On peut le voir ci-dessous, grâce à l’extrait de la conférence mis en ligne par la Revue Ballast. Mais on peut aussi le lire – et le relire… – sous la vidéo, grâce au verbatim que nous avons reconstitué. Enfin, comme 3’30 ou 30 lignes ne font pas un livre, nous recommandons la lecture de Vaincre Macron (La Dispute, 2017), à notre avis le meilleur exposé de l’ensemble des thèses de Bernard Friot.

« Je maintiens qu’il est absolument fondamental de se battre contre toute définition de quelqu’un comme exclu et comme pauvre. Laissons ça au capital et à ses bonnes sœurs. Personne ne peut être défini comme exclu et comme pauvre. Définir quelqu’un par son manque c’est lui faire une violence tout à fait considérable.

« Lorsque la classe ouvrière s’est construite, elle ne s’est pas construite comme syndicat de victimes. Elle ne s’est pas posée comme des exclus vaincus. Elle s’est posée comme la seule productrice de valeurs et exigeant à ce titre une reconnaissance comme producteur de valeurs – on discutera ensuite la question travail pas travail… Sur ce point-là, je suis d’une fermeté totale. Parce que je constate justement que dans les années 1970, et c’est là qu’on a un début de l’impuissance syndicale, dans les années 1970, on voit arriver le vocabulaire de la pauvreté dans des textes qui n’en parlaient jamais ! Jamais la classe ouvrière ne s’est définie comme un regroupement de pauvres. Déclarer quelqu’un pauvre, c’est lui faire une violence inadmissible ! Ça fait partie justement du mépris dans lequel le capital nous tient. Personne n’est pauvre ! Et nous n’avons pas à conquérir des droits pour subsister et sortir de la pauvreté.

« Nous avons à conquérir des droits pour être souverains sur la valeur économique, pour être propriétaires de l’outil de travail. C’est en permanence ce point-là qu’il faut mettre au centre du dispositif. Je le répète, nous sommes un pays occupé ! On peut mieux redistribuer tout ce qu’on veut, tant que nous ne décidons pas de l’outil de travail et de l’outil de travail dans sa totalité… Parce qu’on peut évidemment faire des jardins bio dans un océan d’agrobusiness, évidemment qu’on peut faire des formes locales de production d’électricité en laissant Areva produire son nucléaire, sauf que c’est pas sérieux !

« Nous sommes confrontés à un adversaire tel que nous devons avoir un projet révolutionnaire. Et un projet révolutionnaire ça ne peut jamais passer, et ça je te le dis avec une grande fermeté, ça ne peut jamais passer par le soutien aux pauvres ! Ça c’est de la merde ! Moi, je ne soutiens pas les pauvres, je ne désigne personne comme pauvre, c’est faire une violence infinie aux personnes que de les définir par leur manque. Je ne suis pas solidaire de toi parce que j’ai et que t’as pas. Ça c’est de la saloperie ! Je suis solidaire de toi parce que nous avons ensemble à construire une alternative au capital, et c’est pas une partie de plaisir… »

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