À la une de l'Antivol

Publication de L’Antivol-papier n° 8, octobre-décembre 2022

Par la Rédaction

Déjà deux ans… Nous avons le plaisir de vous annoncer que le nouveau numéro de L’Antivol-papier, correspondant au quatrième trimestre 2022, vient de paraître. Il est toujours gratuit et contient des articles qui, nous l’espérons, vous intéresseront autant que les précédents.

Vous pouvez le trouver, à Tours :

  • au bar « Le Serpent Volant », 54 rue du Grand Marché
  • au bar-tabac « Le Bergerac », 93 rue Colbert
  • à la librairie « Le Livre », 24 place du Grand Marché
  • à la librairie « Bédélire », 81 rue du Commerce
  • à la librairie « Lire au Jardin », 5 rue de Constantine
  • au bar « Les Colettes », 57 quai Paul Bert

Le plus simple est de le demander à l’accueil de ces établissements, aussi aimables qu’essentiels.

Par ailleurs, nous poursuivons la création de notre réseau de diffusion à vocation nationale.

Certains de nos membres ou lecteurs, ailleurs qu’à Tours, ont bien voulu en recevoir – nous prenons en charge les frais postaux – et se chargent de le distribuer autour d’eux.

On peut aussi le trouver à Paris, à la librairie « Quilombo », 23 rue Voltaire 75011, à Nantes à la librairie « Vent d’Ouest », 5 place du Bon Pasteur, à Saint-Nazaire à la librairie « L’Oiseau Tempête » 20bis rue de la Paix. Dans les Deux-Sèvres La Boisselière (79310 Vouhé), dans l’Isère L’atelier paysan (ZA des Papeteries 38140 Renage), dans le Tarn les éditions La Lenteur (Le Batz 81140 Saint-Michel-de-Vax), dans le Maine-et-Loire l’Université populaire du Saumurois (12 rue de la Tonnelle 49400 Saumur) ont également accepté de faire partie du réseau de distribution. Ce dont nous les remercions tous vivement.

Et nous sommes bien sûr preneurs d’autres bonnes volontés…

Pour nous en faire part, nous communiquer vos réactions à la lecture du journal, nous proposer, comme pour le blog, vos propres contributions, merci d’écrire à lantivol37@gmail.com

À bientôt donc et que vive la presse écrite, réellement libre et radicale…

La Rédaction

Pour télécharger les précédents numéros : n° 1 - n° 2 - n° 3 - n° 4 - n° 5 - n° 6 - n° 7

« Pauvre Martin », de Brassens à La Cavale

Par Lou Hubert

Sortie en 1953, la chanson de Georges Brassens « Pauvre Martin » témoignait de la pauvreté et de l’invisibilité du monde paysan. Presque 70 ans plus tard, le groupe parisien La Cavale nous en livre une nouvelle adaptation.

Leur inspiration vient d’une manifestation, en mai 2018, du collectif « Hors-Norme » de Bretagne, qui dénonçait les effets destructeurs de la bureaucratie sur les paysans. Ajoutant des paroles au texte de Brassens, La Cavale explique ainsi le sens de sa création : « Dans notre version, nous avons voulu parler des Pauvres Martins d’aujourd’hui, victimes de la mise aux normes industrielles qui menace d’extinction les petites fermes. »

À voir, écouter donc, puis lire et relire les paroles que nous avons retranscrites plus bas…

Avec une bêche à l’épaule, avec à la lèvre un doux chant
Avec à la lèvre un doux chant, avec à l’âme un grand courage
Il s’en allait trimer aux champs
Pauvre Martin, pauvre misère,
Creuse la terre, creuse le temps !
Pour gagner le pain de sa vie,
De l’aurore jusqu’au couchant,
De l’aurore jusqu’au couchant,
Il s’en allait bêcher la terre en tous les lieux, par tous les temps.
Pauvre Martin, pauvre misère,
Creuse la terre, creuse le temps !
Sans laisser voir sur son visage
Ni l’air jaloux ni l’air méchant,
Ni l’air jaloux ni l’air méchant
Il retournait le champ des autres
Toujours bêchant, toujours bêchant !
Pauvre Martin, pauvre misère,
Creuse la terre, creuse le temps !
Pauvre Martin, pauvre forçat
Qui du temps de Georges louait tes bras
Avant que l’histoire ne t’efface
Qu’elle mette une machine à ta place
Et les fermiers qui t’employaient
Sont devenus des exploitants
Qu’on force à sacrifier la terre, les bêtes et l’honneur paysan…
Au rendement.
Pauvre Martin, pauvre misère,
Crève la terre, crève la terre
Et crèvent les martins d’aujourd’hui
Martyrs de la bureaucratie
À coups de normes industrielles condamner les petites fermes
Et qui nous restera alors
Pour nous remettre à notre place
Avant que l’argent nous dévore, nous réapprendre à aimer regarder le temps…
En face.
Pauvre de ceux partis en guerre
Contre le temps contre la terre
Et les paysans
Et quand il n’a plus su pourquoi
Il allait labourer ses champs
Il allait labourer ses champs
Il creusa lui-même sa tombe,
En faisant vite, en se cachant…
Il creusa lui-même sa tombe,
En faisant vite, en se cachant
Et s’y étendit sans rien dire,
Dans nos silences indifférents
Pauvre de ceux partis en guerre contre le temps, contre la terre,
Pauvre Martin, pauvre misère,
Crève la terre
Crève la terre
Crève la terre
Et les paysans.

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