À la une de l'Antivol

Publication de L’Antivol-papier n° 2

Par la Rédaction

L’Antivol avait pris son envol…papier en janvier dernier.

Nous avons le plaisir de vous annoncer que le n°2, correspondant au deuxième trimestre 2021, vient d’être imprimé et sera disponible – ce n’est pas une blague… – dès le 1er avril. Il est toujours gratuit et contient des articles qui, nous l’espérons, vous intéresseront autant que les précédents.

Vous pouvez le trouver, à Tours :

- au bar-tabac « Le Hublot », 14 bis rue Sébastopol

- à la librairie « Le Livre », 24 place du Grand Marché

- à la librairie « Bédélire », 81 rue du Commerce

- à la librairie « Lire au Jardin », 5 rue de Constantine

Le plus simple est de le demander à l’accueil de ces établissements, aussi aimables qu’essentiels !

Par ailleurs, nous sommes en train de monter un réseau de diffusion, à vocation nationale. Certains de nos membres ou lecteurs, ailleurs qu’à Tours, ont bien voulu en recevoir – nous prenons en charge les frais postaux – et se chargent de le distribuer autour d’eux. On peut aussi le trouver à Nantes, à la librairie « Vent d’Ouest », 5 place du Bon Pasteur. Dans les Deux-Sèvres La Boisselière (79310 Vouhé), dans l’Isère L’atelier paysan (ZA des Papeteries 38140 Renage), dans le Tarn les éditions La Lenteur (Le Batz 81140 Saint-Michel-de-Vax) ont également accepté de faire partie du réseau de distribution.

Et nous sommes bien sûr preneurs d’autres bonnes volontés…

Pour nous en faire part, nous communiquer vos réactions à la lecture du journal, nous proposer, comme pour le blog, vos propres contributions, merci d’écrire à lantivol37@gmail.com

A bientôt donc et que vive la presse écrite, réellement libre et radicale…

La Rédaction

Trois poèmes

Daniel Daniel

Nous avions déjà publié de lui « La manif du siècle ». Le revoilà avec trois poésies, genre qu’il affectionne et qui manquait à notre « Médiathèque radicale ». De l’accoutumance à Amazon au combat pour NDDL en passant par La Fontaine revisité, Daniel nous raconte le monde tel qu’il est ou, mieux, tel qu’il devrait être…

Vive Amazon !

Achetez vos habits, vos bijoux, vos chaussures,
Commandez vos parfums et vos déodorants.
Vous pouvez tout avoir sans quitter votre écran.
Il faut juste indiquer la taille et la pointure.

Plus besoin de toucher, de sentir la texture.
Tout est noté, décrit. Lisez les boniments.
Regardez les photos. Prenez tout votre temps.
Vous n’avez plus besoin de sortir la voiture.

Plus besoin de parler ni de croiser des gens.
Vous pourrez vivre nu dans votre appartement
Sans avoir à sourire. Enfin ! Vous serez seul.

Si vous êtes pressé, choisissez sans attendre
L’option « Demain chez vous »
Conçue pour vous détendre.
On peut tout vous livrer… même un simple linceul.

Le corbeau, le renard
et le petit lapin

Corbeau sur un arbre perché
Reste tout le jour sans rien foutre.
Lapin qui le voit, agacé,
N’accepte pas de passer outre :
« Crois-tu corbeau que moi aussi
Je pourrais me la couler douce
Et sur mon cul, rester assis,
Peinard à me tourner les pouces ? »
Corbeau lui répond aussi sec :
« Bien sûr que oui, mon beau lapin.
Y’a pas besoin d'avoir un bec
Pour glander du soir au matin.
Un peu vexé mais convaincu,
Lapin affirme sur le champ
Que la chose étant entendue,
Il restera sur son séant.
Et il s’y tient tant et si bien
Qu’un renard qui depuis huit jours,
Faute de proie, ne mange rien,
Le croque comme un petit four.

Moralité
Quand on ne veut plus rien branler,
Il vaut mieux être haut-placé.

À Bruno Retailleau (1)

Vous réclamez avec emphase
Qu’on évacue, qu’on tablerase
La ZAD et tous ses habitants,
Les chiens, les femmes, les enfants.
Vous prenez des airs de marquise
Offensée pour qu’on stigmatise
Les gueux vivant à cet endroit
Dans une zone de non-droit.
Vous exigez qu’on rétablisse
Avec l’armée ou la police,
Et sans se priver du gourdin,
L’État de droit républicain.
Vous attendez des décisions,
Des ordres de dissolution,
Vous vous régalez de formules
Sans entrevoir le ridicule.

Non content d’avoir réussi
Avec près du quart des inscrits,
À devenir enfin calife,
Voilà que vous sortez les griffes.
Votre dernier référendum
N’avait déjà rien du valium,
Puisque conçu pour attiser
La haine et l’animosité.
Vous avez tu ses résultats.
Sans doute ils ne convenaient pas
Aux arguties machiavéliques
De vos prétentions politiques.
Mais vous dénoncez sans savoir
À partir des journaux du soir,
Tous à l’affût des mauvais coups,
Des gens dont vous ignorez tout.

Que n’allez-vous les voir un jour
Pour confronter vos beaux discours,
Sans craindre la métamorphose,
À la réalité des choses ?

Abandonnez sans avoir peur,
Vos beaux habits de sénateur,
N’essayez pas d’être trop clean.
Prenez un tee-shirt et un jean,
Oubliez dans votre bureau
Les partis-pris, les noms d’oiseaux,
Ces astucieux faux dérapages,
Qui font vibrer votre entourage,
MDR (2) dans le « caniveau »
Sous le « balcon des écolos » (3).
Non, vous n’êtes plus en campagne,
Cessez ce jeu du qui perd gagne.
Évitez surtout ce sourire
Forcé qui risque trop d’induire
L’idée qu’en fait, vous travaillez
Plutôt dans la publicité.
Vous êtes encore trop peu connu.
Vous ne serez pas reconnu.

Allez vers ces « ultra-violents »
Et leur grand projet paysan,
Ces salauds qui ont le courage
De se battre pour un bocage
Où ils ne sont même pas nés,
Ces paresseux, ces assistés
Qui font pourtant du maraîchage,
Du pain, du beurre et du fromage,
Qui élèvent veaux et cochons
Et qui ont construit leurs maisons.

Allez expliquer à ces gens,
Ces moins-que-rien, ces ignorants,
Que notre justice est la même
Et qu’il n’y a qu’un seul barème
Pour punir les contrevenants
Fussent-ils anciens présidents.

Expliquez-leur aussi pourquoi
Dans ce splendide État de droit,
On peut devant les préfectures,
Déverser lisiers ou ordures,
Voire incendier la MSA
Et martyriser quelques rats,
Sans être taxé d’hors-la-loi,
Ni qu’on entende votre voix.

Allez donc rendre une visite
À ces paumés, ces parasites,
Tous ces accrocs du RSA,
Qui défient le monde et l’État.
Faites-leur le coup de la panne.
Invitez-vous dans leurs cabanes.
Goûtez à leurs soirées débats
Partagez leur vie, leurs combats,
Essayez de dormir tranquille,
Rien qu’une nuit, loin de la ville,
Dans un hôtel privé d’étoiles,
Où le toit, souvent, est en toile.

Participez aux grands chantiers
Aux côtés de ces émeutiers
Qui ont tenu tête à César
Quand ses soldats venaient en car
Pour tenter de les déloger.
Binez, creusez, semez, plantez…
Il y a toujours du travail
Dans ce vrai caravansérail,
Qui accueille à longueur d’année
Des gens prêts à tout partager.

Peut-être après les avoir vus,
Reviendrez-vous moins résolu,
Prêt à écouter ce qu’ils disent,
À repenser vos analyses,
À comprendre que notre monde
Avant qu’il ne soit trop immonde,
A plus besoin d’idées nouvelles
Forgées avec plusieurs cervelles,
Que de vieux cerveaux formatés
À défendre avec cécité,
Arrogance et esprit obtus,
Un modèle qui ne tient plus.

Notes

  1. Sénateur de Vendée depuis 2004, il préside aujourd’hui le groupe LR au Sénat. A l’époque de la rédaction de ce poème, il était président du Conseil régional des Pays de la Loire tandis que Daniel Daniel était membre du comité NDDL de Vendée.
  2. Mort De Rire.
  3. « …les écolos qui n'ont jamais rien fait pousser de leur vie sauf du cannabis sur leurs balcons. », déclaration du candidat Retailleau le 7 novembre 2014. Ce dérapage a été qualifié « d’attaque de caniveau » par Sophie Bringuy, la candidate EELV à la présidence des Pays de la Loire.

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